2.2.09

Texte préparatoire à la Conférence "Art brut : aux sources de la création ?" par Laurent Danchin. Le 20 mars à 18 heure, MPT de Montauroux

Pour préparer une réflexion sur l’art et la création, à une époque où s’affrontent deux idéologies artistiques incompatibles, cette conférence, illustrée de diapositives, présentera quelques grands classiques de l’art brut tel qu’il a été défini par Jean Dubuffet, et montrera des cas plus récents d’art autodidacte spectaculaire. L’art brut était à l’origine une forme spontanée, non professionnelle, de création, dont les auteurs – pensionnaires d’hôpitaux psychiatriques, médiums spirites ou marginaux illuminés –, oeuvraient le plus souvent dans la solitude, poussés par une nécessité intérieure que rien ne pouvait arrêter. Aujourd’hui cette forme d’art, non savante mais fortement inspirée, a de nombreux descendants que désignent une multiplicité d’étiquettes : art singulier, art hors les normes, Création Franche, Neuve Invention, art outsider, etc. Autant de sous-catégories d’un genre insolite qui est au cœur des mutations de l’art populaire contemporain.

Durée : environ 1h 30. Matériel requis : projecteur de diapositives, deux carrousels (environ 150 images).

L’auteur : Ecrivain, conférencier, critique d’art, commissaire d’expositions, Laurent Danchin, né le 1er octobre 1946, est agrégé de Lettres Modernes, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure. Il a enseigné les Lettres aux lycées de Nanterre et de Boulogne Billancourt, et l’analyse filmique ainsi que la culture générale à l’Ecole Emile Cohl à Lyon. Spécialiste de l’art brut et singulier, il est le correspondant de la revue anglaise Raw Vision, élue meilleure revue d’art de l’année 1998 par l’UNESCO.

Derniers ouvrages parus :

La fin de l’apartheid ? Pour un art postcontemporain, Paris, Lelivredart, mars 2008.
Art brut - L'instinct créateur, Paris Gallimard, Découvertes n° 500, novembre 2006.
Jean Dubuffet, peintre philosophe, Paris, Ed. de L’Amateur, 2001 et Jean Dubuffet, Paris, Terrail, 2001.
L’art contemporain et après… Paris, Phénix Editions, avril 1999.
Art Outsider et Folk Art des collections de Chicago (avec Martine Lusardy), Paris, Hoebeke/Halle Saint Pierre, 1998.
Artaud et l’asile – 2 : Le cabinet du Docteur Ferdière, Paris, Séguier, 1996.
Art Brut & Compagnie (avec Martine Lusardy et Véronique Antoine-Andersen), La Différence, La Halle Saint Pierre, 1995.

En préparation : Eloge du dessin à l’ère multimédia (à paraître chez Lelivredart) et le commissariat d’une rétrospective Chomo (à la Halle Saint Pierre, en septembre 2009).

Deux livres :

1/ sur l'art brut, dans la collection illustrée Gallimard Découvertes :
Art Brut - L'instinct créateur, Gallimard, Découvertes n° 500, novembre 2006. ISBN : 2-07-033699-9
Contact : alain.deroudilhe@gallimard.fr C'est un libraire qui doit commander les livres pour la signature.
2/ sur l'art contemporain et la querelle de l'art officiel en France :
Pour un art poscontemporain, lelivredart, mars 2008. ISBN : 978-2-35532-027-9
Contact : lelivredart.com J'apporterai les livres moi-même.

Présentation du thème du Café-philo du 6 février 2009 par Dominique Bouillon et Chantal Brient



Être ou avoir un corps ?

Quel est l’emploi le plus vrai ? Est-ce que je suis mon corps ou est-ce que j’ai un corps ?


- Comme je ne parviens que très progressivement à la conscience de moi-même - la psycho clinique en témoigne dans son secteur - il semble bien que je ne sois pas mon propre corps pour moi-même sans la médiation d’une image qui en objective la valeur : j’ai un corps à travers une série d’identifications à l’image du corps de l’autre, et à mon reflet dans un miroir. C’est ce que nous apprennent les stades du développement corporel et psychique du narcissisme primaire, et celui dit « du miroir », qui caractérisent la sexualité infantile.

- Ainsi, je ne suis moi-même que parce que ma construction psychique suit pas à pas la construction de mon image corporelle comme conscience intime. Alors je suis bien mon propre corps, qui réalise mon imaginaire, et symbolise ce que suis et ce que j’ai. La pathologie montre les suites d’un nouage défaillant entre ces deux constructions, par exemple la représentation significative du corps dans la psychose, la dépression, ou la dysmorphophobie.

- Que répondre en ce cas à la question posée ? Toute la culture m’impose sur-moïquement d’objectiver, d’instrumentaliser, de maîtriser mes tendances, qui sont et qui expriment mon être corporel : il faut avoir un corps pour l’assujettir. Or la clinique fait dépendre la guérison de l’assouplissement de ce sur-moi social (non de sa disparition). Il faut donc trouver la mesure, harmoniser l’avoir à l’être, savoir être un corps et ne pas se contenter d’en avoir un. On peut alors se demander quels rôles jouent les différentes instances psychiques dans cette redistribution, et quelle est la part de l’inconscient individuel par rapport à l’inconscient social dans la transformation de notre manière d’être.